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Comment définir la foi évangélique
?
Celle-ci se résume en trois points, partagés par l’ensemble
des protestants évangéliques :
- La normalité de la Bible. Elle est la référence de la foi
évangélique. Elle est considérée normative à la fois sur le
plan théologique et pratique.
- L’importance d’une conversion personnelle. On ne naît pas
évangélique, on le devient par choix personnel et engagement
individuel. C’est ce qui explique l’importance accordée au
baptême d’adulte. Celui-ci est l’expression publique d’une
foi vécue et assumée, à l’opposé d’une simple tradition.
- L’universalité du message de l’Évangile et l’importance,
pour les chrétiens évangéliques, de le faire connaître autour
d’eux dans le respect de la liberté individuelle.
Quelques chiffres
Les protestants évangéliques dans le monde
420 millions avec les pentecôtistes, sur 1,9 milliard de chrétiens.
- Europe : 17,3 millions.
- Afrique : 116 millions.
- Amérique du Nord : 94 millions.
- Amérique Latine : 55 millions.
- Asie : 133 millions, dont en Chine : 89 millions.
On parle de 10 000 nouveaux convertis par jour dans ce pays.
Source : World Christian Encyclopedia et Portes Ouvertes.
Les protestants évangéliques en France
Dans la première moitié du XIXe siècle apparaissent les premières
Églises évangéliques au sens moderne : Églises baptistes,
Assemblées de frères dites darbystes, Églises libres et Églises
méthodistes. On comptait moins de 100 000 évangéliques en
1950. On dénombre aujourd’hui 1 850 Églises regroupant 350
000 membres.
Les évangéliques sont aujourd’hui majoritaires au sein du
protestantisme français en ce qui concerne le nombre de leurs
implantations locales. 1 100 Églises locales supplémentaires
ont été créées depuis 1970. 35 Églises sont implantées chaque
année. Soit une tous les 10 jours ! Source : Annuaire FEF
2004.
« Évangéliques » ou « protestants
évangéliques » ?
Les racines des évangéliques remontent au début du protestantisme,
au XVIe siècle. Ils partagent encore aujourd’hui les valeurs
fondamentales des réformateurs (Martin Luther, Jean Calvin…).
De plus, ils se reconnaissent volontiers dans la branche de
la Réforme qui a revendiqué dès l’origine la séparation des
Églises et de l’État et a plaidé pour des assemblées autonomes
composées de convertis. Il convient donc de désigner les évangéliques
en France par l’expression plus complète de « protestants
évangéliques ». Celle-ci tient compte du passé tout en permettant
de les distinguer des Églises protestantes dites historiques
comme les Églises réformées ou luthériennes. Cette distinction
est d’ailleurs établie par le Groupe de Sociologie des Religions
et de la Laïcité du CNRS.
Les évangéliques sont-ils d’origine
américaine ?
Considérer les évangéliques comme un mouvement américain
colonisant le monde est partial et inexact. L’Histoire confirme
l’émergence du mouvement évangélique sur le continent européen,
en Suisse, en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, en Angleterre
avant même… la naissance des États-Unis. D’ailleurs de nombreux
évangéliques ont émigré en Amérique au XVIIe et XVIIIe siècle
à cause du manque de liberté religieuse qui sévissait en Europe
et singulièrement en France.
Reste qu’un certain nombre d’Églises évangéliques en France,
comme dans d’autres parties du monde, ont été fondées avec
le concours de missionnaires américains, essentiellement à
partir de la Seconde Guerre mondiale.
Les évangéliques français ne dépendent d’aucune instance dirigeante
située ailleurs dans le monde. S’ils entretiennent des relations
internationales et favorisent des partenariats, ils le font
par fraternité chrétienne tout en veillant à leur indépendance
typiquement protestante.
Les évangéliques sont-ils une secte
?
Le rapport parlementaire sur les sectes, bien conscient de
la difficulté de définition, propose trois sens possibles
du mot secte : étymologique, sociologique, dangerosité.
Selon ces critères, le protestantisme évangélique n’est pas
concerné par cette question. Cependant, aucun groupement humain
n’est à l’abri de dérives sectaires. Autres différences avec
les sectes, les évangéliques possèdent deux atouts sociaux
propres à les éloigner d’un fonctionnement sectaire :
Dans la ligne de la tradition protestante, les évangéliques
accordent une place prépondérante au choix individuel. Cette
attitude les tient a priori à l’écart des logiques « d’embrigadement
» ou de « lavage de cerveau ».
Les évangéliques sont très attachés au principe démocratique.
Leurs Églises fonctionnent généralement de manière autonome
(ce qu’on appelle le congrégationalisme). En principe, le
pasteur ou le responsable est élu par les membres de l’Église
et les décisions soumises au vote des fidèles. Ce fonctionnement
est à l’opposé de la domination d’un groupe par un gourou.
Comment expliquer la croissance des
évangéliques ?
Des raisons extérieures
- La sécularisation de la société française depuis la deuxième
moitié du XXe siècle a provoqué le déclin des grandes Églises,
la perte de repères spirituels et moraux.
- La modernité n’a pas tenu ses promesses. L’homme d’aujourd’hui
est déçu du progrès technique qui isole les individus dans
des rapports de plus en plus virtuels.
- Dans le même temps, le besoin de réponses aux questions
existentielles n’a pas varié.
Des raisons propres
- Devenir « chrétien évangélique » par libre choix, par conviction
personnelle est une notion moderne, conforme aux aspirations
de nos contemporains.
- Chaque croyant est invité à mettre l’Évangile de Jésus-Christ
en pratique dans sa vie personnelle, ce qui constitue un vrai
projet de vie.
- Les évangéliques savent allier un certain conservatisme
doctrinal avec ses points de repères, ses valeurs stables
et une flexibilité culturelle quant aux formes de l’expression
de la foi et de la vie de l’Église.
- La doctrine protestante évangélique répond à la demande
d’authenticité, de respect de la personne humaine et de ses
besoins dans tous les domaines de la vie.
- Les Églises évangéliques développent une grande capacité
d’adaptation : elles peuvent se réunir dans un salon, chez
un particulier, ou compter plusieurs milliers de membres…
et survivre dans la persécution !
- Foi personnelle, salut personnel font appel à un engagement
et à la responsabilité individuelle. Ainsi les membres des
Églises évangéliques participent activement à la vie de leur
communauté.
- La mise en avant des dons de l’Esprit Saint, tels que la
Bible les définit dans le Nouveau Testament, encourage chaque
membre à une participation active et souvent très créative
; ce qui rend la pratique du culte et des autres moments de
la vie de l’Église vivants, spontanés et conviviaux.
- L’Église telle que la conçoit la Bible est une communauté
dans laquelle chacun trouve sa place : les familles, les enfants,
les adolescents, les personnes seules ou âgées.
Les évangéliques font-ils du prosélytisme
?
Le mot « prosélytisme » est devenu aujourd’hui franchement
péjoratif et même abusivement synonyme de « racolage ». Ce
terme évoque une propagande religieuse massive comportant
des éléments de pression, de harcèlement, de conditionnement
psychologique et s’apparente à l’intégrisme. Généralement,
le prosélytisme accentue les spécificités d’un mouvement comme
condition, souvent exclusive, du salut. Le prosélytisme s’apparente
parfois à de l’embrigadement.
Les évangéliques rejettent et condamnent ces méthodes. Ils
ont à coeur, comme l’a enseigné le Christ, de partager leur
découverte personnelle de l’Évangile.
L’évangélisation est la proclamation publique de l’Évangile.
Elle est destinée à informer nos contemporains afin de leur
donner l’occasion d’établir un contact personnel avec Dieu.
L’évangélisation est une offre spirituelle ouverte. Elle fait
appel à la liberté de conscience de chacun. L’invitation qu’elle
adresse vise la conviction intérieure, la foi de chacun.
Les chrétiens évangéliques sont éclatés
dans une myriade de dénominations !
Les Français sont habitués à la structure pyramidale et
monolithique du catholicisme. Par comparaison, chez les évangéliques,
l’absence d’une hiérarchie affirmée, d’un clergé ou d’une
structure unique surprend et parfois déroute. Les évangéliques
peuvent être considérés comme une famille dans laquelle l’essentiel
du patrimoine génétique est commun à tous les membres qui
la composent.
Seuls quelques chromosomes diffèrent et vont donner naissance
à des personnalités distinctes et uniques. Les évangéliques
ont l’essentiel en commun. L’histoire, la compréhension variée
de certains aspects théologiques et ecclésiaux secondaires,
expliquent que les croyants se regroupent en diverses dénominations
: baptistes, méthodistes, pentecôtistes, frères…
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